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L’information et les Français : quel avenir ?

Si les nouveaux usages ont bouleversé notre manière de regarder la TV, ils ont aussi amené leur lot de termes originaux. Voici quelques définitions pour rester à jour !
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Alors que l’intérêt pour l’actualité et la confiance semblent s’améliorer, la relation entre les Français et l’information reste parfois orageuse. Heureusement, pour réenchanter le lien avec le public, les médias comme France Télévisions ont encore une belle carte à jouer !

Un retour vers l’actu

Après être tombé l’an dernier à un niveau historiquement bas, l’intérêt des Français pour l’actu a gagné 8 points cette année. Ils ne sont plus que 33 % à déclarer s’intéresser « assez faiblement ou très faiblement » à l’actualité, contre 41 % en 20201. Preuve en est, les audiences de l’info ont battu des records. Témoignage du lien fort qui subsiste entre le public et les médias.

Dans ce contexte de crise sanitaire, 74 % des Français trouvent que la pandémie a trop occupé l’espace médiatique au détriment de sujets comme la conférence citoyenne sur le climat (48% estiment qu’on n’en a pas assez parlé) ou les révélations d’abus sexuels dans le monde sportif (44%)1. Autres faits reprochés, ceux d’avoir donné trop de temps à des non-spécialistes du Covid (pour 73 % des sondés) et d’avoir dramatisé les évènements (66 %)1.

En revanche, une grande majorité des Français estiment avoir été bien informés sur l’application des gestes barrières (90 %) et sur les règles touchant au confinement et au déconfinement (77 %)1.

Une confiance qui s’améliore… doucement

La crédibilité des médias traditionnels est en hausse mais reste faible. Seuls 52 % des Français ont confiance en la radio,48 % en la presse écrite et 42 % en la télévision1.

Si internet reste le moyen d’information avec le niveau de confiance le plus bas, on note une amélioration : 28 % des Français estiment que les informations diffusées sur la toile sont crédibles contre 23 % l’an passé1. Un sentiment de défiance qui peut trouver une explication. En effet, 78 % des personnes qui s’informent sur internet se disent confrontés au moins une fois par mois à une « fake news »1. Un chiffre plus important que chez ceux qui s’informent par la télévision.

À l’échelle mondiale, la France fait figure de mauvais élève. Sur 40 pays interrogés, l’Hexagone arrive à la 39e place avec 24 % de confiance envers les médias, soit le chiffre le plus bas en Europe2. À titre de comparaison, la moyenne dans les pays sondés est de 50 %2.

Cette crise n’a rien de franco-français mais s’inscrit dans une tendance globale. Dans le monde en 2020, la défiance envers les médias a augmenté de 3 points par rapport à l’année 20193.

La force du service public

Pour autant, les médias de service public (MSP) se montrent sous leur meilleur jour. Pour 65 % des pays européens, les informations provenant des médias publics sont les plus fiables4. D’ailleurs, l’information est le premier type de contenu diffusé sur les chaînes de télé publiques (26 % des programmes) et aussi leur première source de dépenses (28 % des budgets)5.

Dans un monde en rapide mutation marqué par l’essor des fake news, les MSP sont perçus comme une indéfectible source d’informations fiables. Leurs principes de rigueur, d’indépendance et le fait qu’ils soient les seuls médias à prendre des décisions dans l’unique intérêt du public, sans impératifs commerciaux ou financiers, semblent jouer en leur faveur.

Vers un renouveau de l’info

Toutes les crises ne sont pas néfastes. Certaines, comme celle qui secoue les médias et le public, peuvent même être salutaires. En effet, elle invite les journalistes à se remettre en question et à faire évoluer la profession. Aussi, du 4 novembre 2019 au 3 février 2020, s’est déroulé un dialogue sans précédent entre médias et citoyens.

Après 3 mois de débats et près de 250 propositions, de nombreux grands médias français ont avancé des solutions concrètes. France Télévisions s’engage par exemple à :

  • renforcer l’offre en matière de fact-checking
  • développer la visibilité du Médiateur
  • renforcer la représentativité des citoyens via le maillage hexagonal et ultra-marin
  • faire remonter les sujets des citoyens à des journalistes
  • devenir le leader européen de l’éducation aux médias

Au-delà de ces engagements précis, un constat plus global ressort de ces débats : le public souhaite participer davantage à la construction de l’information. Plus qu’une demande des Français, c’est une nécessité pour capter les jeunes ! Habitués à interagir constamment avec le contenu, ils n’imaginent pas consommer l’info passivement. Lives interactifs, appels à témoignages, votes des lecteurs, ouvertures des conférences de rédaction, enquêtes avec le public… Ce ne sont pas les méthodes qui manquent.

En quête de solutions !

Le public souhaite également que les journalistes donnent des débuts de solutions aux problématiques actuelles via notamment des initiatives positives. C’est ce qui ressort de la grande enquête France Télévisions « Ma télé, ma radio, demain » réalisée en 2018 : 82 % des interrogés demandent à voir plus d’initiatives positives.

D’où l’intérêt du journalisme de solutions qui ne fait plus uniquement constat du problème mais enquête sur les solutions qui peuvent être apportées. Et ça plaît ! En atteste la multiplication de ces formats et rubriques dans le paysage audiovisuel français : Une idée pour la France dans le JT de France 2, SOS Villages sur TF1, La France bouge sur Europe 1, On a la solution ! sur France 3…

Donner un nouveau souffle à la relation entre le public et les médias est un enjeu crucial car les démocraties en dépendent. Heureusement, de nombreuses démarches comme la co-construction de l’information ou encore le journalisme de solutions comptent bien ressouder ce lien fragile mais essentiel.

  1. Baromètre Kantar de la confiance des Français dans les médias – janvier 2021
  2. Reuters Institute – Digital News Report – 2020
  3. Baromètre de confiance Edelman – 2020
  4. EBU – Market Insights – Trust in Media – Juin 2020
  5. EBU – Public Service Media and News – Août 2020